Tous coupables

Sur sa page Facebook, Yves Marchand met en ligne un billet sur la justice qui mérite d’être lu. Il sait de quoi il parle.

Yves Marchand a été un avocat et un élu rebelle. Trop ou pas assez rebelle ? Chacun son opinion à ce sujet pour ceux qui le connaissent.

Son analyse est conforme à la réalité, juste un petit bémol concernant Sarkosy qui étant aux manettes s’est accommodé de cette justice qu’il aurait dû réformer.  Dupond-Moretti la réformera-t-il ?

“Contrairement à ce que pense l’opinion publique, les magistrats sont réellement indépendants du pouvoir politique.

A l’exception des quelques courtisans insatiables, souvent en fin de carrière, les juges n’éprouvent pour le pouvoir que défiance et mépris.

Intouchables, ils le défient sous couvert de la loi pour faire triompher leurs convictions ou leur hargne, parfois les deux, au nom d’une impartialité que l’on ne peut prendre en défaut.

Cette impartialité ne traduit pas leur vision objective des faits mais dévoile le regard qu’ils veulent leur prêter au nom de leurs convictions personnelles. Un regard de défiance à l’égard du pouvoir. Quel qu’il soit.

La justice est un champ clos où l’hypocrisie la plus raffinée autorise les plus sanglants règlements de comptes. En cela, à la solde du pouvoir ou contre lui, elle n’a pas changé.

Les assaillants sont armés jusqu’aux dents contre une cible qui se bat à mains nues, avec, pour seules armes, l’échappatoire et l’esquive.

Nous ne savons rien de « l’affaire Sarkozy », sinon par la presse, c’est-à-dire de façon à la fois partielle et subjective. Nous savons juste que le seul « témoin » au service de l’accusation s’est rétracté.

Comme, je suppose, de nombreux Français, je souhaite de tout cœur que l’ancien Président de la République soit innocent. Non pas tant par conviction personnelle que par souci de voir la fonction préservée des doutes qui envahissent l’opinion publique au sujet de l’intégrité de ses mandataires.

Le souci de la presse est tout autre. Il s’agit au contraire pour elle d’échauffer les esprits pour démontrer sa supériorité morale sur son propre public et y gagner en crédit.

En s’adressant à elle pour toucher l’opinion publique, Nicolas Sarkozy vient sans doute de faire une grave erreur. Il alimente les interrogations et déchaîne contre lui des solidarités nouvelles, de frustrés et d’alimentaires.

Il se bat à visage découvert contre une justice enlisée dans les contradictions de sa partialité. Mais il n’a pour unique allié qu’un bras armé qui recherche l’audience au lieu de rechercher la vérité, tandis qu’en silence et dans l’ombre, les juges vont battre le rappel et se liguer pour le faire chuter.

Sinon pour cette affaire, du moins pour une autre. Peu importe, mais, à tout prix, pour le faire chuter.

La Justice n’admet jamais son erreur. Surtout lorsqu’elle s’est employée à démolir la réputation d’un élu de la République, en l’occurrence du premier d’entre eux.

Et on peut faire confiance à notre code pénal, plutôt bien rédigé, pour que nul ne soit totalement innocent. L’erreur commise – et qui n’en commet pas – peut,  à tout instant, devenir impardonnable et justifier la sanction.

Lourde ou légère, seule compte aux yeux de la justice la sanction qui confirmera la légitimité des poursuites.

Au risque de son discrédit, il y va de sa survie. Et, d’une certaine façon, de la survie de l’Etat de Droit.

L’erreur judiciaire au service de la démocratie…”  Yves Marchand

Bien à vous. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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