Un changement de bouc-émissaire est-il possible ?

L’opinion publique n’a pas pour caractéristique de réfléchir ou d’anticiper. Elle réagit uniquement au présent et à la douleur.

Quand septembre 2020 va arriver, le présent sera très douloureux.

Le coronavirus n’aura sans doute pas été éradiqué, l’économie sera moribonde, la comparaison avec d’autres nations sera humiliante, le dé-confinement aura probablement été violent.

Alors, l’opinion publique oubliera qu’elle a créé cette situation en portant à sa tête des hommes de l’Etat incompétents, qui l’ont achetée avec son accord.

Ses boucs-émissaires actuels, les capitalistes, les riches — ou plutôt l’idée que l’opinion publique s’en fait avec l’aide de Bercy garante du transvasement des fortunes depuis leurs possesseurs vers ceux qui les jalousent – ne seront plus d’actualité. Ces boucs-émissaires auront fait défaut aussi bien contre le coronavirus que contre la faillite des humbles, des petits, de ceux qui prennent des risques et de la peine.

Ce constat ne laissera plus qu’une frange de croyants communistes ressasser sa haine du capital, pendant que la plus grande partie de l’opinion publique regrettera, mais un peu tard, le départ en masse de ce qu’il restera du capital, son aveuglement et son incompréhension de sa réalité et de sa nécessité.

Il n’est évidemment pas envisageable que l’opinion publique se remette en question, analyse la notion de capital, la nécessité de la propriété privée, de la liberté d’agir, ait la révélation du libéralisme qui lui est d’autant plus étranger qu’elle l’a confondu avec la dictature administrative et la connivence économique liée.

Oui, la souffrance de l’opinion publique face à la ruine totale devra se trouver un autre bouc-émissaire, mais lequel ? Là est la question.

Ma réponse est : les fonctionnaires.

Ils ont le profil parfait. Leurs privilèges sont jalousés. Ils se sont montrés odieux et hautains dans l’exercice du pouvoir, laissant ruine et humiliation sur leur passage, tout particulièrement ceux de Bercy, si représentatifs, si en pointe contre les boucs-émissaires actuels, moi et les autres…

Ils sont cinq millions, juste le nombre voulu pour être sacrifiés sans conséquence pour le groupe.

Ce sera une grande joie d’assister à leur martyr. Je n’en serai pas, mais je dois avouer que je devrai puiser dans mes réserves d’éthique pour ne pas en être, tant ils m’ont fait souffrir. Mais, non, je n’en serai pas.

L’opinion publique n’a pas d’état d’âme, elle assiste au gibet avec délectation. Je n’en serai donc pas, mais je laisserai ma place sur la croix avec plaisir, j’en conviens.

Et la suite

Je crains qu’elle soit décevante. La chasse aux sorcières des fonctionnaires ne va pas trouver un écho retentissant chez les libéraux, qui sont les seuls à pouvoir redonner vie à l’économie, donc au pays.

Pas plus que les pseudo-riches ayant servi de bouc-émissaire n’ont permis à la France de s’épanouir, les fonctionnaires à leur place ne pourront inverser la situation.

Il est même possible que ce soit pire et que les acteurs du virement à 180° des boucs-émissaires ciblés ne puissent aller au-delà de ce simple virage, qui sera d’autant plus violent qu’il sera inutile.

Mon plaisir de voir les fonctionnaires en baver sera entravé par mon humanisme et ma raison.

J’aimerais tant qu’ils abandonnent d’eux-mêmes le pouvoir pour lequel ils ne sont pas faits, qu’ils reviennent vers ce qu’ils savent faire : servir le pays.

Qu’ils admettent que leur statut est indécent, qu’ils y mettent fin eux-mêmes.

Je m’égare sans doute, je rêve…

Changeons de sujet, allons voir du côté de ceux “qui sont Charlie”

C'est pas possible de nous mentir à ce point là….

Publiée par Bernard Jourdy sur Vendredi 10 avril 2020

PETITE CONVERSATION DU JOUR

Bien à vous. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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4 réflexions au sujet de « Un changement de bouc-émissaire est-il possible ? »

  1. Ah!Ronsard…toujours d’actualité!Et quel poète….
    Sans vouloir les comparer bien sûr , mais il aurait excellé dans la situation actuelle il s’agît de Pierre Jean Vaillard..chansonnier de son état! …écrivain,comédien,acteur et poète devant l’éternel. qui aurait sans aucun doute fait étalage de son talent qui était grand.
    Le Sacha Guitry des chansonniers..

    Son humour décapait, sans offusquer les dames ,
    Il touchait sans médire avec raffinement.
    Ses bons mots tranchant comme des lames…
    Affutées par l’esprit ,maniées très sûrement.
    C’était un Cyrano dans un tout autre monde
    Où son nez furetait avec beaucoup d’ardeur
    Il avait le talent voulu pour servir son labeur
    Sans que le moindre écrit fut noirci par la honte.

    Il nous manque….

  2. La dernière fois qu’un fonctionnaire m’a menacé de poursuites judiciaires suite à un problème de paiement de l’impôt foncier, je lui ai répondu (par écrit) qu’un serviteur payé par mon argent n’avait pas à proférer des menaces l’égard de celui qui le nourrit. Il n’a pas osé répondre.

    J’invite tous ceux à qui cela arrive à rappeler que celui qui paie commande, que les fonctionnaires sont nos serviteurs et non l’inverse. Il faut remettre ces gens-là à leur place.

  3. La video montage de Bernard Jourdy devrait être envoyée aux différentes personnes qui font des déclarations.histoire de leur montrer l’inconséquence de leurs propos…… et bien sûr connaître une très large diffusion notamment sur les réseaux sociaux..
    En ces temps de confinement un peu d’humour même de cette couleur n’est pas inutile…loin de là.!

  4. La France coulait lentement comme le Titanic mais la pandémie à ouvert une autre voie d’eau qui accélère le naufrage . Reste à savoir qui va utiliser les chaloupes pour se sauver. L’objectif de nos chères administrations est de commencer par laisser se noyer les petits sans protections, sans pouvoir et de sauver les Puissants ( les grosses entreprises, les fonctionnaires). Une immigration qui ne connait pas encore la France et qui rêve d’y venir remplacera ceux qui seront noyés.

    Nous ne sommes pas racistes , mais sur ce sujet il ne faut pas se battre contre des moulins à vent car La France n’a jamais été un pays qui rassemble le peuple du secteur privé, être français n’a aucun sens pour le secteur privé qui est au service des administrations. Seuls les fonctionnaires sont français les autres sont des esclaves remplaçables, c’est ainsi depuis des siècles= Petit poème du 16 -ème siècle qui démontre la réalité française ,Pierre de Ronsard (1524 -1585) ,France de ton malheur tu es cause en partie, Je t’en ai, par mes vers, mille fois avertie. Tu es marâtre aux tiens, et mère aux étrangers, Qui se moquent de toi quand tu es au danger, Car la plus grande part des étrangers obtiennent, Les biens, qui à tes fils, justement appartiennent. Vous pouvez vérifier : ces vers datent bien du XVIème siècle !

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